Contrebande de poires belges à destination de la Russie

Selon une enquête menée par le quotidien néerlandais De Volkskrant, un important trafic de poires entre la Belgique, les Pays-Bas et la Russie s'est mis en place depuis 2014. Il aurait déjà généré 240 millions d'euros de revenus. Il fait suite à l'embargo mis en place par le gouvernement russe sur la viande, le poisson, les produits laitiers, les fruits et les légumes issus de l'Union européenne.

Des poires belges et hollandaises dotées des faux certificats

Malgré cette interdiction, près de la moitié du commerce des poires a pu être maintenue. Chaque année environ 70 000 tonnes de poires produites en Belgique et aux Pays-Bas parviennent encore jusqu'en Russie. Pour cela, kes fruits transitent par la Lituanie et la Biélorussie. Les importateurs les font passer pour des fruits venant d'Afrique par exemple, en les accompagnant de faux certificats. Avec ce trafic les vendeurs installés en Belgique et aux Pays-Bas parviendraient à gagner environ 56 millions d’euros par an. En 2014, en soutien à ses agriculteurs, suite à l'annonce de l'embargo russe la population belge s'était mobilisée et avait augmenté sa consommation de poires. Un nouveau type de selfies s'était mis à circuler sur les réseaux sociaux : les ‘pearfies’, contraction de ‘pear’ (poire en anglais) et de ‘selfie’.

L’impact de l’embargo sur la consommation de poires

Contrefaçon

L'embargo décidé par Vladimir Poutine fait suite aux sanctions occidentales envers la Russie. Celles-ci mêmes qui ont étéen représailles de l'intervention de l'armée russe dans l'est de l'Ukraine et de l'annexion de la Crimée par la Russie. En réponse à la sanction russe Bruxelles avait immédiatement porté plainte devant l’OMC, l’Organisation mondiale du commerce. Depuis le début de l'embargo, plus de 20 000 tonnes de produits en provenance de l'Union européenne et ayant passé la frontière ont été détruits par des engins de chantier russes. Avant l'embargo, la Russie absorbait près de 10 % des exportations agricoles et agroalimentaires de l’Union européenne. Ceci représentait 12 milliards d’euros par an. Selon les producteurs belges, deux poires belges sur trois étaient ainsi exportées vers la Russie.

Pour plus d'informations sur l'actualité du commerce illicite, visitez le site Eurobsit.

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